Un tiers de la consommation électrique française est renouvelable

C’est du jamais vu depuis 1973. Au deuxième trimestre 2018, le taux de production des énergies vertes (hydroélectricité, éolien, solaire, biomasse) a atteint 31 % de l’électricité consommée en France, annonce ce mardi le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et les gestionnaires des réseaux électriques RTE, Enedis et l’Adeef, dans un communiqué de presse conjoint. Contre 23 % au trimestre précédent.

Ce chiffre « inédit depuis des décennies » est à mettre toutefois en perspective d’une consommation moins forte au deuxième trimestre. Dans la mesure où les énergies renouvelables sont prioritaires pour l’accès au réseau, une consommation moindre favorise l’augmentation de leur part dans la consommation globale. Mais depuis 1980, et la croissance du parc nucléaire français, un tel pourcentage d’énergies renouvelables dans la consommation d’électricité française n’était jamais arrivé.

L’importance des nouvelles énergies

« Surtout, il nous paraissait important de mettre en évidence la part importante de la production des nouvelles énergies (éolien, solaire et biomasse) », relève Sean Vavasseur, responsable des systèmes électriques au SER. En effet, 10 % de l’énergie renouvelable produite en France, au deuxième trimestre 2018, provient d’une de ces filières qui progressent mais qui pèsent encore beaucoup moins que l’électricité d’origine hydraulique.

A la même période en 2017, la part des nouvelles énergies n’excédait pas les 7 %. Depuis, ces filières ont « commencé à prendre de l’importance et ce record prouve qu’elles n’ont pas de problème à assurer une couverture du réseau », estime Sean Vavasseur.

L’hydroélectrique sort de la sécheresse

Quant à la production hydroélectrique (21 %), elle renoue avec sa part du deuxième trimestre 2016, grâce notamment aux fortes pluies du printemps. En 2017, année très sèche, elle n’avait même pas dépassé les 15 %.

Au début des années 1960, l’hydroélectricité représentait pourtant plus de la moitié de la production de courant en France. Avant de diminuer à environ 30 % au milieu des années 1970.

ENRIQUE MOREIRA

Source : Les Echos