Les entreprises prennent le virage de l’énergie verte

Les entreprises prennent le virage de l’énergie verte

Pour alimenter leurs usines ou leurs bureaux en électricité, les entreprises signent de plus en plus de contrats de long terme directement avec des producteurs plutôt que de s’adresser à des fournisseurs d’énergie. Entre janvier et juillet, de nouveaux contrats ont ainsi été signés pour un volume de 7,2 gigawatts (soit l’équivalent de 70 parcs d’une trentaine d’éoliennes). note l’étude de Bloomberg New Energy Finance (BNEF). précise l’étude.

Sécuriser le coût et le financement

Quand des entreprises veulent se fournir en électricité d’origine renouvelable, elles ont plusieurs possibilités : s’assurer auprès de leur fournisseur que l’énergie est certifiée « verte », via . Elles peuvent aussi, quand elles ont des terrains ou des toitures disponibles, produire elles-mêmes leur électricité, via de l’autoconsommation, voire, plus rarement, investir directement dans des parcs éoliens ou solaires (Ikea l’a fait en France).

Appel d’offres d’Engie

Mais elles peuvent aussi signer ces contrats de long terme avec des développeurs de projets pour affecter la production d’une ferme solaire ou éolienne à leur consommation, sans d’ailleurs que les deux soient forcément physiquement reliés par le réseau électrique. En négociant un contrat de long terme, le producteur sécurise ses revenus, et donc le financement de son projet, tandis que l’entreprise sécurise le coût de son approvisionnement sur longue période.

Trois exemples d’initiatives

Sans surprise, les Etats-Unis restent le premier marché pour ces contrats de long terme, (Alphabet, Apple…). Facebook est d’ailleurs cette année encore le premier acheteur parmi les entreprises, avec 1,1 GW à lui seul, selon BNEF, suivi par AT&T.

Mais ces contrats se développent aussi en Europe, avec 1,6 GW déjà signés cette année, contre 1,1 GW l’an dernier, selon BNEF. précise l’étude. Cet été, de nouveaux contrats ont aussi été signés par Mercedes en Pologne ou le laboratoire pharmaceutique .

En France, le coût de l’énergie renouvelable est encore un peu trop élevé par rapport au prix de l’électricité accessible sur le marché de gros. Mais la baisse des coûts du solaire et de l’éolien, qui préfigure la fin des subventions à moyen terme, incite des entreprises et des développeurs de projets à envisager ce type d’approvisionnement.

pour s’approvisionner via des contrats de long terme pour une partie de leurs besoins. Côté production, Engie vient aussi de lancer un appel d’offres pour vendre de la production renouvelable « dans un cadre hors subventions » à ses clients, via un contrat d’achat de long terme (2020 à 2039).

Il n’y a donc pas que du charbon en Pologne. Le constructeur automobile allemand a annoncé fin juillet la signature d’un accord pour acheter à un producteur éolien, VSB, l’électricité du parc de Taczalin pour alimenter son usine de Jawor. a promis le constructeur.

Le groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk et la biotech Novozymes viennent de signer avec l’énergéticien Vattenfall un contrat de long terme pour s’approvisionner, à compter de 2020, à partir d’une ferme d’éoliennes en mer, Kriegers Flak. En Europe, assure la fédération professionnelle WindEurope.

Le producteur d’aluminium norvégien vient de signer un contrat d’une durée de 29 ans pour acheter et consommer en Norvège l’électricité qui sera produite à partir d’un parc éolien en Suède. Avec ce projet de 235 MW, Green Investment Group (Macquarie) atteint 1,5 GW de projets dans le cadre de contrats de long terme en Europe, en Australie et aux Etats-Unis. Début juillet, Norsk Hydro a signé un contrat sur 25 ans pour acheter la production du futur parc éolien Tonstad en Norvège, détenu par Engie et Susi Partners.

Source : Les Echos