Le vanadium, le métal qui peut révolutionner l’énergie renouvelable

C’est l’un des métaux les moins connus. Mais l’utilisation du vanadium dans le stockage de l’énergie solaire ou éolienne pourrait en faire une star. Cette perspective d’un avenir potentiellement radieux fait flamber son prix : après un bond de 77 % en 2017, il a encore augmenté de près de 90 % depuis le début de l’année. Il frôle désormais ses plus hauts niveaux historiques.

Au  dernier World Materials Forum, Robert Friedland, le fondateur d’Ivanhoe Mines, n’a pas tari d’éloges. “Le vanadium est amené à devenir une matière première majeure dans le monde”, a prédit l’investisseur milliardaire, toujours très écouté. Selon lui, les batteries au vanadium absorberont 21.000 tonnes par an d’ici à 2030. C’est quasiment un quart de la production mondiale actuelle, utilisée aujourd’hui presque entièrement par le secteur de la sidérurgie pour fabriquer des aciers spéciaux, durs et résistants.

Moins dépendre du charbon

On trouve ainsi du vanadium dans les avions, les trains, les tanks, les ponts ou les bâtiments. L’industrie automobile s’en sert également. Ses “propriétés remarquables en ont fait un composant idéal pour une nouvelle génération de batteries – les batteries à flux redox – qui figurent en bonne place pour révolutionner nos systèmes énergétiques dans les années à venir”, expliquent Helena Gomes et Helen Abigail Baxter, chercheuses à l’Université de Hull, dans un article qu’elles ont publié sur The Conversation.

“La capacité à stocker de l’électricité grâce au vanadium pourrait donc permettre de se défaire de la dépendance au gaz ou au charbon, de garantir un marché du pétrole moins tendu et ainsi d’atteindre les objectifs de réduction d’émissions de CO2 fixées au niveau international”, ajoutent-elles.

Des stocks historiquement bas

Certains producteurs estiment que si les batteries au vanadium représentent 10 % de la croissance attendue du marché mondial du stockage de l’énergie d’ici à 2030, la production de métal devra tripler pour satisfaire la demande. De quoi maintenir des prix élevés, préviennent les experts du CRU Group. Ce, d’autant que les déficits récents sur le petit marché du vanadium ont laissé les stocks à des niveaux historiquement bas.

Avec l’envolée des prix, plusieurs projets miniers ont émergé à travers le monde, notamment en Australie, aux Etats-Unis ou en Scandinavie. Mais, en attendant que certains voient le jour – ce qui peut prendre plusieurs années, la production reste concentrée puisque la Chine produit plus de la moitié du métal consommé, suivie par la Russie, le Brésil et l’Afrique du sud.

En 2017, l’Union européenne a donc ajouté le vanadium sur sa  liste des matières premières critiques, qui regroupent les ressources naturelles représentant selon Bruxelles un risque élevé de pénurie d’approvisionnement et une grande importance économique.

Source : Les Echos