Eau de Paris accélère dans la production d’énergie

Mise en route en janvier 2018, la centrale photovoltaïque de L’Haÿ-les-Roses, située sur le toit de l’usine d’Eau de Paris, a finalement dépassé les espérances de ses concepteurs en matière de production électrique : 1.754 MWh un an au lieu des 1.600 escomptés. Soit l’équivalent de la consommation annuelle de 500 foyers franciliens.

Pour cette deuxième année d’existence, l’objectif d’Eau de Paris n’est pas tant de monter en charge que de changer de modèle : depuis le premier janvier, l’électricité produite par les 11.800 mètres carrés de panneaux photovoltaïques est revendue à Enercoop, un fournisseur coopératif d’électricité renouvelable.

Plus grande centrale d’Ile-de-France

« C’est un signal fort quant au modèle énergétique que nous souhaitons promouvoir, y compris par le biais de nos opérateurs », fait valoir Célia Blauel, l’adjointe à la maire de Paris chargée de l’environnement, et présidente d’Eau de Paris. Avec son réservoir de 240.000 mètres cubés d’eau ensoleillé 1.780 heures par an, l’Haÿ-les-Roses est une des plus grandes centrales sur toiture d’Ile-de-France.

Une aubaine pour Enercoop, adepte des circuits courts. « Nous avons peu de producteurs franciliens, or la région compte de très nombreux consommateurs. L’arrivée de ce producteur doté d’une puissance non négligeable est une bonne nouvelle ». Eau de Paris sera l’une des premières collectivités à vendre à Enercoop sous obligation d’achat. La régie parisienne de l’eau avait remporté un appel d’offres de la commission de régulation de l’énergie (CRE) qui lui a permis d’obtenir un tarif bloqué sur 20 ans, le temps d’amortir son équipement. Pour Enercoop, ce contrat particulier, long et subventionné, est une manière de se diversifier.

Agrandissement à Orly

« La success story de L’Haÿ-les-Roses ouvre de nouvelles perspectives », veut croire Célia Blauel. Eau de Paris possède d’autres sites dotés de panneaux, mais de moindre envergure. L’usine d’eau d’Orly devrait toutefois profiter de travaux d’agrandissement pour s’équiper avec 5.000 à 8.000 mètres carrés de panneaux.

Comme de nombreuses villes, Paris a encore un long chemin à parcourir en matière de production d’énergies renouvelables. En 2017, elle a produit 11 MW, dont 10 grâce au photovoltaïque : 50 à 60.000 mètres carrés de panneaux sont installés sur le patrimoine public et privé.

Autoconsommation au Parc Floral

La ville a lancé un appel à manifestations d’intérêt pour équiper une dizaine de toitures, le résultat sera connu au printemps. « Nous aimerions produire davantage, mais il y a beaucoup de contraintes réglementaires et techniques, comme l’accord des Architectes des bâtiments de France (ABF) », fait valoir Célia Blauel, qui plaide pour plus de décentralisation et un pouvoir accru des métropoles dans ces domaines.

La ville avance aussi à pas comptés sur l’ambitieux sujet de l’autoconsommation. Pour l’heure, un seul immeuble privé y est parvenu dans le 15e arrondissement. La mairie de Paris a lancé des études pour déterminer si la future centrale solaire de 5.000 à 8.000 mètres qui doit voir le jour au Parc Floral de Vincennes pourrait fonctionner sur ce modèle. Une partie de l’énergie serait alors dédiée aux bureaux et aux serres. Le projet devrait se décanter en fin d’année.

Source : Les Echos