Déployons l’économie circulaire dans la ville avec méthode : co-construisons une approche négaMat’ de l’efficacité matière

Par Sébastien Delpont, Directeur Conseil associé GreenFlex.

L’économie circulaire est une priorité de l’Union Européenne, et particulièrement dans le secteur de l’immobilier et de la construction qui représente 50% de notre consommation de ressources et qui est le secteur économique N°1 en matière de production de déchets. Ainsi est affiché un objectif – a priori ambitieux – de 70% de valorisation des déchets du BTP d’ici à 2020. Pourtant, travailler la question de l’économie circulaire à l’échelle de l’aménagement et de la construction consiste encore trop souvent à simplement éviter le pire (ne pas enfouir, ne pas incinérer). A l’heure où s’accélère sur les territoires le déploiement de solutions de mobilité électrique utilisant des batteries contenant des métaux rares, où la question de la pénurie de sable utilisé pour la fabrication du béton et où se pose la question du devenir des terres excavées (43 millions de tonnes) des travaux du Grand Paris, cette question de la « juste utilisation des ressources et de leur valorisation » dans la ville et ses infrastructures refait surface.

Notre défi est de ne pas nous contenter d’agir pour le « moins pire » mais d’agir pour le « mieux » en la matière, et d’éviter toute vision simpliste ou simplificatrice de ce que sont « a priori » de bonnes ou mauvaises solutions. Osons prendre la hauteur de vue nécessaire pour considérer notre consommation de ressources de façon systémique à l’échelle des systèmes urbains. Beaucoup d’exercices de prospectives ont été menés pour réfléchir à des « mix énergétiques » cohérents à l’échelle de territoires pour concilier transition écologique et développement économique soutenable. Il nous faudrait désormais réfléchir de la même façon à des « mix matériaux » cohérents pour construire et rénover nos territoires. Si nos infrastructures ont été bâties ces dernières décennies principalement à base de béton, de verre et d’acier, dans une perspective du développement de villes intelligentes et de campagnes astucieuses, la place à prévoir demain pour le bois, la paille, la terre, les matériaux recyclés ou de réemploi se pose légitimement. Quels sont des objectifs possibles, écologiquement soutenables pour les filières, techniquement et économiquement crédibles et cela à quels horizons ?

Comme l’a bien structuré le mouvement négaWatt dans son approche de scénario énergétique 100% ENR, toute démarche cohérente de prospective doit commencer par réinterroger nos besoins et traiter de sobriété : quels ouvrages sont vraiment utiles sociétalement ? et dans quelles dimensions ? Par des choix différents d’aménagement intérieur, et en concevant des espaces bien plus multifonctionnels, certaines entreprises qui changent de bureaux réduisent leurs besoins en m2 de 20 à 30%, et la matière la plus écologique est celle que l’on n’utilise pas. Après la sobriété, doit être abordé l’efficacité : pour un besoin défini, comment utiliser le moins de matière possible, tout en répondant aux attentes fonctionnelles. Puis vient la phase du choix de la qualité des matériaux à utiliser, pour maximiser l’utilisation de matériaux de ré-emploi, recyclés, bio-sourcés ou géo-sourcés.

Un tel exercice de prospective est nécessaire pour réfléchir à l’efficacité matière et à l’économie circulaire dans l’aménagement et la construction. Cette approche doit être collective en associant des collectivités, des associations, des scientifiques, des industriels et des opérateurs urbains.

Rejoignez-nous pour réfléchir à comment co-construire un tel scénario négaMat’ !

Informations & inscriptions : https://bit.ly/2p5vsjy