COP24 : à la société civile, aux collectivités et aux entreprises de prendre le relais des Etats pour agir concrètement et rapidement

Sébastien Delpont

Billet d’humeur par Sébastien Delpont,
Directeur Conseil Associé, GreenFlex

 

 

La COP24 de Katowice, en Pologne, s’est achevée il y a quelques jours et son issue est sans surprise. Certes, elle a réussi à faire naître des règles d’application pour l’accord de Paris, signé en 2015, mais les Etats n’ont aucunement revu leurs engagements à la hausse, contrairement à ce qu’on aurait pu espérer au vu des conclusions alarmantes des experts du GIEC en octobre dernier. De nombreuses zones de flou subsistent sur les aides au financement pour les pays du Sud, les mécanismes de marché pour réguler les droits à polluer, ou la prise en compte des droits humains comme boussole climatique.

En France, le gouvernement n’a pas tenu le leadership qu’il avait pris depuis l’accord de Paris, du fait de ses enjeux de politique intérieure… En face, les acteurs responsables de la société civile ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Après des mobilisations similaires aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, mardi 18 décembre, un appel était lancé par quatre ONG, soutenues par des dizaines de personnalités, afin d’assigner l’Etat français en justice pour inaction climatique. Le lendemain, le recours rassemblait déjà plus d’un million de signatures.

En attendant que les Etats répondent de leur inertie et démultiplient leurs efforts, préparons le terrain. La société est bien plus prête à cette transition climatique que de nombreux dirigeants veulent le croire, en témoignent la viralité du discours de Greta Thunberg, militante suédoise de 15 ans, le succès des campagnes de Youtubeurs #OnEstPret et #IlEstEncoreTemps, ou encore l’attente exprimée par les étudiants de voir évoluer les programmes scolaires ou leurs futurs métiers.

Les entreprises doivent impérativement rejoindre cet élan pour agir dès maintenant et concrètement. En lien avec les territoires et leurs collectivités, cette lutte pour le climat promet des défis ambitieux et garantissant la compétitivité. Elle passera par une généralisation des démarches d’efficacité énergétique, des restructurations visant la neutralité carbone, des plans d’action pour réduire les impacts environnementaux tout au long des chaînes de fabrication de nos produits et de notre alimentation…

S’il est une évidence pour tous que « pas de bras, pas de chocolat », il faudra que soit mieux compris le fait que « pas de planète, pas de business ». Aux actes, et vite !