Accenta, la pépite greentech au service des bâtiments

Utiliser la chaleur dégagée par la climatisation en été pour se chauffer en hiver, voilà le point de départ de la réflexion d’Accenta sur l’optimisation énergétique des bâtiments. Car, si de nombreux acteurs s’attaquent aujourd’hui à la question du stockage de l’énergie électrique, ils sont rares à travailler sur le stockage thermique. “Et pourtant, il s’agit d’un sujet majeur de la transition énergétique”, assure Marine Doquet-Chassaing, fondatrice d’Accenta, qui s’y attelle depuis deux ans. Finaliste du Women4Climate Tech Challenge, qui met en avant les femmes engagées dans des projets liés à l’environnement, sa start-up développe des logiciels permettant d’optimiser les flux thermiques au fil de saisons, notamment grâce à la géothermie.

“Nous intervenons à la fois en amont des projets immobiliers, par la conception du système énergétique bas carbone, et en aval pour gérer la régulation du système”, explique Marine Doquet-Chassaing. En amont, son logiciel permet de choisir les sources d’énergie correspondant au profil de demande en chaud et froid du bâtiment. “Couvrir 100 % des besoins énergétiques, en particulier durant les pointes de demande, avec de la géothermie, demande des investissements très lourds. Nous préférons l’associer à d’autres sources, comme l’aérothermie ou même le chauffage au gaz”, décrit la fondatrice de l’entreprise. Utilisé pour la gestion énergétique du bâtiment, ce logiciel permettra de décider où puiser l’énergie pour en optimiser sa consommation et en réduire l’impact écologique.

Stocker la chaleur au sol

La solution d’Accenta est principalement basée sur le fait de stocker de la chaleur dans le sol. “Lorsqu’une climatisation est activée, par exemple, elle rejette de la chaleur dans l’air. Nous travaillons avec des installations permettant d’injecter cette chaleur de récupération dans le sol jusqu’à l’hiver, où elle sera récupérée par des pompes à chaleur”, décrit Marine Doquet-Chassaing.

Créé il y a tout juste deux ans, Accenta emploie déjà une dizaine de personnes et “rencontre une vraie demande de tous les acteurs de l’immobilier, indique la fondatrice de l’entreprise. Ils ont compris qu’il fallait décarboner les bâtiments pour préserver leur valeur patrimonialeAujourd’hui, ils travaillent beaucoup sur l’enveloppe de ces derniers, à travers de l’écoconception, par exemple. Mais ils peuvent encore gagner des points en s’attaquant au système de chaud et de froid des bâtiments.”

Accenta parvient ainsi déjà à dégager du chiffre d’affaires, tout en mettant l’accent sur la recherche. La start-up est implantée au sein du cluster de Paris-Saclay, sur le campus de l’Ecole polytechnique, et travaille en collaboration avec des laboratoires comme le Centre d’efficacité énergétique des systèmes de Mines ParisTech et le Bureau de recherches géologiques et minières. Elle a levé 1 million d’euros en 2017 auprès de business angels, qui s’ajoute à un financement de 1,5 million de la part de la BPI et de l’Ademe. En 2019, Accenta ouvrira à nouveau son capital et espère, notamment, grâce à sa participation au Women4Climat tech Challenge, pouvoir entrer sur le marché de la rénovation en répondant à des appels d’offres publics.

Source : Les Echos