RSE : Mondelez s’essaye depuis dix ans au blé durable

Un véritable Petit-Beurre contient 70 % de farine. Un ingrédient essentiel mais pas neutre pour la planète. Les effets de l’agriculture conventionnelle sur la biodiversité et les sols ne sont pas nuls. Après analyse du cycle de vie de nos biscuits, nous avons constaté que 70 % de notre impact sur l’environnement provenaient des matières premières”, explique Mathias Dosne, le directeur général France de Mondelez International , qui a pris part aux Etats généraux de l’alimentation. D’où le lancement, en 2008, d’un programme de développement durable visant à produire du blé selon des pratiques agricoles plus responsables.

Prônant notamment le choix de variétés adaptées au terroir, l’usage raisonné des pesticides et la plantation de fleurs mellifères sur chaque parcelle, l’initiative, baptisée Harmony, a permis une réduction de 20 % de l’utilisation des produits phytosanitaires par rapport à l’agriculture conventionnelle. Surtout, elle permet à Mondelez International (26 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), numéro un mondial du marché des biscuits, d’avoir accès à une farine de qualité constante. Un impératif pour le calibrage des Pailles d’Or, Mikado et autres marques iconiques du groupe.

Changement de business model

Co-construit avec les acteurs de la filière blé (agriculteurs, coopératives, meuniers…), des chercheurs et des associations de protection de l’environnement, le programme a supposé un léger changement de business model pour Mondelez International. “Conscients que les consommateurs accordent une attention grandissante aux ingrédients des produits qu’ils achètent, nous avons notamment accepté de payer plus cher la matière première”, indique Mathias Dosne.

Sur le terrain, les agriculteurs y voient un dispositif gagnant-gagnant. “Je touche une prime à la tonne. Mon blé est donc payé plus cher que le prix du marché. En plus, le fait de bénéficier d’un label rassure les investisseurs et permet d’accéder plus facilement à des financements. Et j’ai tout intérêt à préserver la terre, qui est mon outil de travail”, résume Hugues Sauloup, producteur de blé Harmony dans le Maine-et-Loire, et qui est au nombre des soixante-huit agriculteurs engagés dans le projet dès son lancement.

Dix ans plus tard, plus de 1.700 producteurs de blé ont rejoint cette filière blé durable et doivent respecter un cahier des charges contraignant pour limiter le recours aux intrants.

Initié par la filiale française, le programme a commencé à être dupliqué dans d’autres pays comme l’Espagne, l’Italie et la Belgique, mais il doit encore prendre en force. La guerre des prix représente un danger, défend Mathias Dosne. Il est essentiel de convaincre toute la chaîne de la nécessité de protéger et d’amplifier ce type d’actions.”

Source : Les Echos