Malengé mise sur le sachet recyclable

L’entreprise plus que centenaire de Flers-en-Escrebieux, près de Douai (Nord), pourrait bien connaître une nouvelle jeunesse. Malengé Packaging a mis au point un sachet alimentaire en papier thermoscellable entièrement recyclable. Le fruit de la création en 2016 d’un laboratoire commun avec le Centre technique du papier (CTP), soutenu par l’Agence nationale de la recherche et le pôle de compétitivité des matériaux Matikem. Malengé, né dans l’imprimerie de documents administratifs, s’est spécialisé dans l’emballage souple imprimé sous la houlette de son repreneur Stefan Kirstetter depuis 1998.

Nouvelle norme

L’imprimerie offset franchit cette fois une étape importante en proposant un sachet à base papier de fibres vierges, doté de propriétés de scellage et d’effet barrière par un traitement de surface, dont le procédé est soigneusement tenu secret, qui permet de s’affranchir des solutions multicouches associant notamment aluminium et polyéthylène.

Le sachet, baptisé CP01, protège de l’humidité, de l’oxygène et de la lumière. L’une des clés de la PME est aussi de « n’utiliser que la juste quantité de matière pour le juste besoin », selon le dirigeant, qui évoque une baisse de poids de 15 à 40 % et une réduction du bilan carbone de 15 à 60 %. Malengé ne vise pas les produits pâteux ou humides mais seulement les produits secs. De même, elle cible plutôt les petites séries et les petites laizes.

Ce qui est présenté comme une première à l’échelle européenne démarre en partenariat avec la société Nature & Aliments, leader des préparations culinaires bio, à raison d’un million de sachets. Mais le marché potentiel est considérable : une directive européenne du 30 mai 2018 prévoit que 65 % des emballages soient recyclables à horizon 2025. Nestlé, de son côté, a même annoncé un objectif de 100 % de recyclabilité de ses emballages à la même échéance.

« C’est une étape charnière que l’on est en train de vivre » , analyse Stefan Kirstetter. L’innovation n’est lancée qu’en France pour l’heure, après une expérience malheureuse de la société à l’international il y a quelques années. Malengé Packaging, qui compte 20 salariés pour un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros l’an dernier, pour 12 millions de mètres carrés transformés par an, estime pouvoir doubler ses ventes dans les trois ans. Elle devrait recruter dans le même temps 10 à 15 salariés.

Olivier Ducuing

Source : Les Echos