Guerre du plastique : la France va devoir faire ses preuves

L’objectif de la feuille de route de l’économie circulaire (FREC), dévoilée le 23 avril, semble d’une ambition folle tant la France part de loin. Seulement 22 % de ses déchets plastiques sont recyclés, signalait récemment une , le syndicat professionnel des emballages plastiques. C’est 9 points de moins que la moyenne européenne. Et les progrès sont lents. De 38 % en 2013, la part de ces matières mises en décharge est encore de 34 %.

Le bât blesse au niveau des emballages usagés. Ils représentent 62 % des plastiques collectés en France, mais ce taux ne vaut que pour les 15 millions de Français desservis par un centre de tri nouvelle génération. Au final, seulement 26 % des emballages utilisés en plastique sont recyclés à ce jour. En 2022, les emballages plastiques de 70 % de la population devraient être collectés, mettant à disposition un gisement important.

Mais pour en faire quoi ? , indique-t-on chez CITEO, l’éco-organisme à la tête de cette filière. A défaut, ces emballages plastiques prendront encore longtemps le chemin de l’incinérateur.

Pour atteindre les 100 % de collecte, son objectif, le gouvernement veut ressusciter la consigne des emballages liés à la restauration hors foyer. Celle des bouteilles plastiques, dont près d’une sur deux se perd dans la nature, pourra être menée en Outre-Mer à titre expérimental. En métropole, les collectivités locales seront incitées à créer des systèmes de « consigne solidaire ».

Un autre levier d’action consiste à réduire à la source l’utilisation du plastique. En France, au 1 janvier 2020, , la vente de gobelets, de verres et d’assiettes jetables fabriqués dans cette matière sera interdite. Une liste que la loi de 2016 sur la biodiversité a étendue aux cotons-tiges.

Le législateur n’a, en revanche, rien décidé de tel sur les pailles, massivement consommées en France. Selon une étude du cabinet Eunomia, il s’en jette chaque jour 8,8 millions d’unités dans la restauration rapide. Ce chiffre pose un enjeu environnemental fort sur lequel les pouvoirs publics sont interpellés depuis plusieurs mois par les associations. , indique-t-on au ministère de la Transition écologique, sans autre précision.

Plusieurs grandes sociétés du privé ont pris position. Pernod Ricard a banni de toutes ses activités les pailles et bâtons mélangeurs en plastique non-biodégradables. Eurostar n’en offre plus à bord de ses trains. La ville de Paris réfléchit à une initiative du même type dans le cadre des Jeux Olympiques de 2024.

 

JOEL COSSARDEAUX

Source : Les Echos