Carbios produit les premières bouteilles en PET 100 % biorecyclé

Mercredi 27 février, Carbios a franchi une étape décisive qui confirme la faisabilité industrielle de sa technologie enzymatique capable de recycler en boucle les plastiques usagés en polymères vierges. Basée à Clermont-Ferrand, la société cotée a réussi à produire les toutes premières bouteilles en PET 100 % biorecyclé. Comment ?

Nous avons pris des déchets plastiques issus de bouteilles, barquettes et autres emballages de toutes les couleurs, opaques ou transparents. S’ils sont essentiellement constitués de PET, ils contiennent par exemple du polyamide que l’on trouve dans les bouteilles d’eau gazeuse”, détaille Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios. “L’enzyme au coeur de notre technologie propriétaire, qui est spécifique à chaque matière plastique, est capable d’aller chercher en l’occurrence le PET à recycler dans tous ce fatras, simplifiant grandement le processus de tri en amontexplique-t-il.

La fabrication d’une trentaine de prototypes de cette bouteille, Carbios l’a confiée au Leitat Technological Center, à Barcelone. “Nous avons choisi ce centre technique espagnol, car il dispose des équipements requis pour la polycondensation du PET, la fabrication des préformes et le soufflage permettant in fine d’obtenir les bouteilles”, précise le directeur général. “Nous lui avons fourni la matière première biorecyclée que nous avons obtenue, à savoir de l’acide téréphtalique purifié (rPTA) en granulés.”

Prix compétitif à terme

Après huit ans de R&D, Carbios boucle la boucle en validant son concept d’économie circulaire, très attendu par les industriels . “C’est la toute première étape vers la mise sur le marché de notre technologie prévue en 2023″, rappelle-t-il. Pour atteindre l’échelle industrielle, l’entreprise va d’abord construire un démonstrateur sur le site de Kem One à Saint-Fons, dont la première pierre sera posée cet été. “Notre objectif est de produire un PET biorecyclé compétitif, dont le coût sera en ligne avec le prix moyen du marché.

Source : Les Echos