A Paris, un quartier se lance dans l’économie circulaire entre entreprises

Les Deux Rives. C’est le nom du quartier d’affaires situé des deux côtés de la Seine dans les 12e et 13e arrondissements de Paris. C’est aussi là qu’est né le projet de quartier d’économie circulaire, initié par la RATP et la mairie de Paris. L’objectif : créer des échanges de services entre les entreprises situées entre Bercy et la Gare de Lyon (côté 12e) et entre Tolbiac et la gare d’Austerlitz (côté 13e).

“Dès 2012, la RATP a eu la volonté de limiter l’impact environnemental de son siège situé quai de la Rapée dans le 12e, notamment pour la collecte de papier carton”, évoque Nathalie Jarosz, responsable de l’activité économie circulaire à la RATP.

A l’occasion des Etats généraux de l’économie circulaire du Grand Paris en 2015, la ville de Paris s’intéresse au projet de la RATP mais souhaite élargir le spectre et ne pas se limiter à la collecte de papier carton. Autour de deux thématiques que sont le traitement de déchets et la mobilité (des salariés et des livraisons), des ateliers sont organisés pour identifier des pistes de synergies concrètes.

Première étape, le recensement de toutes les entreprises présentes dans la zone située entre Bercy, Tolbiac, Austerlitz et la gare de Lyon afin de leur proposer de participer au projet. 700 entreprises et environ 100.000 emplois sont identifiés sur ce secteur.

Une plate-forme sur Internet est mise en place pour promouvoir les actions des entreprises et attirer de nouveaux acteurs et encourager les initiatives spontanées. “Rejoignez le réseau des acteurs du quartier des Deux Rives pour en faire un quartier où rien ne se perd et où tout se transforme”, annonce la plate-forme. A ce jour, une quarantaine d’entreprises ont rejoint le projet, dont Natixis, Hôtel Pullman, Le Petit Bain, la Caisse des Dépôts, etc.

“Les petites structures n’ont pas les moyens de faire la collecte des piles alors que la collecte est gratuite quand elle dépasse les 100 kg, c’est un exemple parmi d’autres de pistes de mutualisation. Idem pour la gestion des déchets de matelas et d’oreillers des hôtels, pour laquelle nous avons créé une communauté d’hôteliers du quartier Saint-Emilion », décrit Nathalie Jarosz.

Dans les quartiers d’affaires, la question de la gestion des emballages des repas des salariés est importante. Pour résoudre cette problématique, la RATP et la mairie de Paris étudient différentes pistes au sein d’un groupe de travail dédié et notamment la possibilité de travailler sur une solution de consigne pour les emballages des repas à emporter.

Parking à vélos partagé

Concernant la mobilité, trois sujets ont été répertoriés. Tout d’abord la question des services associés aux vélos comme le partage de parking vélos entre entreprises.  Le groupe Le Monde, qui construit actuellement son siège près de la gare d’Austerlitz, participe déjà largement aux groupes de travail du quartier. “Le Monde s’est très tôt intéressé au projet afin d’anticiper les besoins de ses employés avant même d’être installé”, explique Nathalie Jarosz.

La mobilité partagée a également été identifiée. Il peut s’agir d’un partage de véhicules pour les entreprises disposant d’une flotte de voitures. Enfin, le projet s’est particulièrement intéressé au transport à la demande, avec la mise en place de navettes autonomes ou d’applications de covoiturage. Certaines structures du quartier envisagent d’ailleurs d’ouvrir leur plateforme de covoiturage interne aux autres acteurs du territoire, comme la Caisse des Dépôts et Natixis.

Pour la suite, d’autres thématiques de réflexion sont évoquées, comme la mutualisation des achats d’énergie ou la mise en place d’une monnaie locale.

Source : Les Echos