L’an I de Nicolas Hulot au gouvernement se solde par un bilan très mitigé

L’heure du bilan approche pour Nicolas Hulot. Jeudi, l’ex-journaliste-explorateur achèvera ses douze premiers mois à l’hôtel de Roquelaure, le siège du ministère de la Transition écologique à Paris. Une date anniversaire cruciale si l’on se souvient qu’à l’automne dernier ,il s’était donné un an pour juger de son utilité au gouvernement. Signe que l’exercice est difficile, le ministre d’Etat fera finalement connaître , selon un proche, l’appréciation qu’il porte sur sa participation au . Un maintien qu’il dit faire dépendre de sa capacité à créer

Etat de lieux des arbitrages perdus et gagnés par le ministre, ainsi que ceux qu’il espère emporter pour rééquilibrer un bilan très contrasté :

L’annonce, le 17 janvier par Edouard Philippe, de l’, près de Nantes, est une victoire pour Nicolas Hulot qui, en revanche, est peu intervenu, sinon avec retard, dans la gestion de l’« après-ZAD ».

Le ministre de la Transition écologique peut aussi mettre à son actif la Vu du camp écologiste, le texte adopté le 19 décembre dernier comporte toutefois de nombreuses dérogations. Au crédit du ministre également, la sortie annoncée de l’utilisation du glyphosate en France en trois ans. Mais le monde agricole doute que des alternatives à cet herbicide puissent être mises en oeuvre d’ici là. Enfin, il a sauvé l’ que Stéphane Travers, le ministre de l’Agriculture, souhaitait voir assouplie.

La France doit atteindre la neutralité carbone en 2050. Ce cap, annoncé en juillet dernier par Nicolas Hulot dans le cadre du , passe par une série d’engagements dont celui de mettre fin à la vente des voitures diesel et essence à l’horizon 2040 n’est pas le moins ambitieux.

Le plan de rénovation énergétique relève de la même logique : des annonces fortes – comme celle de rénover 500.000 logements par an déjà faite sous le précédent quinquennat – dont la concrétisation repose sur le volontarisme des acteurs.

La menace d’une condamnation de la France par la Cour européenne de justice, pour non-respect de la directive de Bruxelles sur la qualité de l’air, plane toujours. .

Autre sujet en souffrance, la protection de la biodiversité en faveur de laquelle un plan est annoncé avant l’été. Le ministre doit aussi imposer davantage sa marque sur la future loi relative aux mobilités, portée par la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

L’ancien animateur télé a mis les écologistes en état de choc en reconnaissant ouvertement, le 7 novembre dernier, que la dans la production électrique d’ici à 2025 ne serait pas atteinte, contrairement à l’objectif fixé par la loi de transition énergétique de 2015.

Par ailleurs, Nicolas Hulot n’est plus aussi hostile au projet de site d’enfouissement des déchets radioactifs de Bure (Meuse), qu’il présente aujourd’hui comme solution. Il lui a également fallu s’accommoder des nouveaux coups de rabot de Bercy, à hauteur de 136 millions d’euros, sur les ressources des six agences de l’eau. Enfin, il n’est pas parvenu à mettre son empreinte, comme il l’entendait, sur le projet de loi agriculture et alimentation porté par Stéphane Travert.

 

JOEL COSSARDEAUX

Source : Les Echos