Comment la BCE a soutenu le marché des green bonds

La sauvegarde de l’environnement ne figure pas parmi les missions de la Banque centrale européenne. Pourtant, l’Institution de Francfort a favorisé l’émergence des financements verts, selon une publication récente des économistes de la BCE.

En fait, c’est dans le cadre de son programme d’achats d’obligations (QE), lancé pour relancer l’inflation et soutenir l’économie européenne, que la BCE a donné un coup de pouce au marché naissant des green bonds. Verts ou pas, elle s’est portée acquéreuse de tous les titres respectant ses critères d’éligibilité.

Entre 20 % et 24 % des green bonds

A son bilan, elle affiche donc une part de près de 20 % des 31 milliards d’euros d’obligations vertes éligibles émises par des sociétés européennes. Elles représentent environ 4 % des obligations d’entreprises que la Banque centrale possède en portefeuille. Elle a également acquis des obligations vertes d’Etats ou d’instances supranationales et détient 24 % du portefeuille éligible. Dont font partie les OAT vertes de la France.

Pour les entreprises, cette arrivée a eu un effet immédiat sur un marché des obligations vertes où la demande est souvent très supérieure à l’offre. Selon l’étude, la prime de risque (spread) demandée par les émetteurs a diminué en moyenne de 25 points de base, principalement grâce à la BCE.

Les émissions de green bonds ont bondi quand la banque centrale est entrée dans le jeu. La part des obligations vertes dans le total émis par les sociétés du secteur industriel éligibles au QE s’élevait ainsi à 9 % en septembre dernier contre 4 % en mars 2016. La BCE ne peut se targuer d’être entièrement responsable de ce mouvement, mais elle y a sa part.

Source : Les Echos