Pop-corn : Nataïs va rémunérer les agriculteurs pour leur bilan carbone

Leader européen du maïs à éclater au micro-ondes avec 35 % du marché, Nataïs sera le premier transformateur à rémunérer les agriculteurs pour leur bilan carbone dans deux ans. Pour fertiliser les sols, il incite les céréaliers à cultiver une légumineuse (féverole, phacélie) à l’automne entre les futurs rangs de maïs semés au printemps. Ce couvert végétal, broyé au moment du semis, apporte de la matière organique et évite l’érosion du sol, qui ne reste pas nu. Nataïs, implanté à Bézéril dans le Gers, a lancé la technique “green tillage” en 2011. Depuis, 40 % de ses 220 fournisseurs du Sud-Ouest l’ont adoptée et il vise 100 % dans cinq ans.

Mesure du couvert végétal

L’entreprise paiera les céréaliers pour le carbone apporté par les légumineuses. “Nous donnerons entre 60 et 80 euros par tonne de carbone fixé dans le sol, sachant que le couvert végétal apporte de 1 à 1,5 tonne de carbone à l’hectare”, explique Michael Ehmann, président de et agriculteur. Il va créer un outil numérique de mesure du carbone en prenant des images aériennes du couvert végétal avec le Centre d’études spatiales de la biosphère (Cesbio) et l’Inra.

La rémunération pour le bilan carbone coûtera plus de 500.000 euros par an à l’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 47 millions d’euros en 2017, en hausse de 7 %. “Ce sera un coût mais aussi une opportunité de se différencier pour mieux valoriser notre produit”, affirme Michael Ehmann. Augmenter le prix du maïs, stable depuis quatre ans, est un pari difficile, car Nataïs vend sous marque de distributeur, mais il ajoutera un QR Code sur les sachets pour expliquer sa démarche.

Huile de tournesol

Son projet “Naturellement pop-corn” consiste aussi à réduire les pesticides, les engrais et l’irrigation. Pour obtenir des aides, Nataïs a déposé un dossier de candidature pour mener un projet de R&D structurant pour la compétitivité. L’entreprise a déjà participé à un projet de recherche pour remplacer l’huile de palme dans les sachets de maïs par de l’huile de tournesol transformée. Elle utilise déjà 20 % d’huile de tournesol et veut atteindre 100 % en 2020 en produisant son huile. En croissance, Nataïs vient d’agrandir sa capacité de stockage en construisant des silos de 12.000 tonnes avec séchage intégré, d’un coût de 3,5 millions d’euros. En 2017, l’entreprise de 130 salariés a vendu 14.000 tonnes de sachets de maïs à éclater et 30.000 tonnes en vrac, dont 90 % à l’export.

Source : Les Echos