Loi alimentation : un rôle central à jouer par la restauration collective

 

Billet d’humeur par Virginie Bernois
Directrice Conseil, GreenFlex  

 

 

Votée le 2 octobre dernier, la loi sur l’agriculture et l’alimentation semble faire de nombreux déçus. En regardant de plus près certaines mesures, on a toutefois bon espoir que la restauration collective s’engage vers une alimentation plus saine, durable et accessible, afin de rééquilibrer la répartition de valeur au sein de la chaîne agro-alimentaire.

Décupler l’accès à une alimentation plus durable 

Pour devenir un maillon moteur de cette transition, la restauration collective bénéficie en effet de deux atouts de taille : son public nombreux et diversifié et sa capacité d’approvisionnement.

Instaurer des produits durables de qualité dans ses menus décuplera ainsi l’accès à une alimentation plus saine. L’obligation d’afficher la part de ces produits dans les cantines habituera également les consommateurs à ces démarches de transparence, et créera un cercle vertueux. En faisant la chasse au plastique et au gaspillage, la restauration collective pourra enfin sensibiliser largement ce public aux problématiques environnementales et de santé, et modifier durablement les comportements.

Accompagner la transformation de l’amont au niveau des territoires 

La deuxième carte à jouer est celle d’un approvisionnement conséquent, qui lui confie de fait un rôle central dans la transformation des filières agricoles et agroalimentaires. Pour répondre à la demande croissante d’une agriculture durable et de qualité, on peut supposer que l’ancrage territorial de la restauration collective l’incitera à coopérer avec ses nombreux acteurs – producteurs, collectivités, TPE et PME de transformation, société civile et acteurs de l’économie sociale et solidaire. Si l’offre biologique nationale est par exemple insuffisante à date, la restauration collective contribuera certainement à accélérer son déploiement, le tout dans une dynamique de recentrage local.

Face aux tarifs peu élevés des repas en restauration collective, il faut cependant admettre qu’une mutation en profondeur sera nécessaire pour repenser les achats et partenariats, la logistique, l’organisation interne, la composition des menus, le rapport au consommateur… En concertation avec les différents maillons, cette démarche a toutefois de bonnes chances de placer la restauration collective au centre de la transition alimentaire sur les territoires.