La rupture, c’est nous, les consommateurs citoyens !

Dans un climat de perte de confiance des Français envers tous les acteurs économiques, les préoccupations de santé, le bien-être, le souci du local et du social apparaissent plus que jamais comme préoccupations majeures des Français. Les tendances que nous constatons depuis quelques années s’inscrivent maintenant dans les comportements de chaque citoyen consommateur qui réagit plus que jamais sous des formes différentes :
 
"Consommer autrement" = consommer responsable et ce pour la 1ère fois depuis 2004.
Le "consommer mieux" remplace "le consommer moins". "Consommer autrement" devient un moyen de se réapproprier sa consommation : Pour 76 %des répondants, acheter responsable est une façon de s’impliquer davantage. Cela rime aussi avec moins de gaspillage.
 
Bien-être et santé toujours en tête
Le bien-être de ses proches reste la première préoccupation, la santé poursuit sa montée continue
Naturellement l’alimentation est une préoccupation essentielle : 89% des Français disent choisir leurs aliments pour rester en bonne santé, 60% privilégient systématiquement ou régulièrement les produits plus naturels.
 
Toujours plus de local, la montée du social
Acheter local est un moyen de consommer malin .Les Français aimeraient aussi obtenir plus d’informations sur l’aspect social de la fabrication du produit : la répartition du prix entre les différents intervenants, l’impact sur l’emploi ou encore la garantie de la production.
 
Un climat de confiance fragilisé
Seul un quart des Français font confiance aux grandes entreprises Ce niveau est le plus bas depuis 10 ans ! 83 % des Français estiment que les entreprises ne les informent pas suffisamment sur les conditions de fabrication de leurs produits.
Et cette défiance gagne d’autres fronts : Les trois quarts des Français sont inquiets de l’exploitation de leurs données personnelles par les entreprises.
En dépit de cette défiance, les consommateurs restent convaincus que marques et distributeurs ont un rôle important à jouer en faveur du développement durable. Ils attendent toujours des conseils et un accompagnement pour les aider. Nouvelles plus positives : La prise en compte du développement durable est une nécessité pour les trois-quarts des 15-24 ans, ce qui est nouveau. Chez tous, la prise de conscience des enjeux de la pollution et du réchauffement climatique grandit.
 

Que penser de ces chiffres ?

Un renforcement des tendances constatées depuis quelques années : plus de la moitié des français "consomment autrement". Cet engagement s’incarne dans les comportements de chacun agissant plus que jamais comme citoyen consommateur.
 
La notion de bien- être et de santé s’inscrit aussi dans cette dimension : besoin de sécurité pour soi et les siens mais aussi bien "ETRE" : agir dans la société comme on le peut (notamment via sa consommation).
 
La prise de conscience de l’interdépendance entre enjeux économiques, sociaux et environnementaux se matérialise. Les Français font le lien entre "consommer local" et tous ces enjeux. La sensibilité à la cause animale, à la biodiversité, la baisse de consommation de la viande mettent en évidence un lien plus fort avec le vivant. Le "faire soi-même", le besoin de connexion aux autres dans l’action entre citoyens se développent. Cela va, au-delà de l’économie collaborative, vers de nouveaux modes d’action, surtout pour les jeunes avec l’aide du digital.
 
Les gestes du quotidien ont tendance à régresser (eau, énergie..) sauf en ce qui concerne les déchets : L’idée de l’économie circulaire fait son chemin. Par ailleurs, la COP 21 a permis une meilleure compréhension des multiples effets du changement climatique, notamment en ce qui concerne la biodiversité mais n’a pas fait suffisamment bouger les comportements.
Quand on pose la question : Quels comportements seraient susceptibles de limiter votre impact sur le climat ?: 30% répondent "changer ma façon de consommer", 25% : "recycler mes déchets", 19% "choisir une alimentation de qualité dont on connait la provenance" et 15% seulement considèrent que réduire leur consommation d’énergie a un impact (et 5 % leur mode de transport !).L’énergie est ainsi passée au second plan derrière la consommation : il est vrai que notre énergie n’est pas chère et n’apparait pas comme un problème chez les Français .Espérons que la préoccupation de baisse de la consommation d’énergie soit plus forte dans les entreprises ! Nous avons encore du chemin à faire pour passer à 1,7 tonne/carbone /français quand nous sommes à 5,2 tonnes aujourd’hui…
 
Le développement durable apparait vraiment comme une nécessité : Les français semblent moins accros au rythme des nouveautés, souhaitent des produits plus simples, plus accessibles. La montée de la ‘plateformisation’ de la société (ex Blockchain) qui dépasse largement l’économie collaborative est une mutation profonde, signe d’une nouvelle culture en marche.
 

Comment recréer de la confiance envers les acteurs de la société et en particulier les entreprises ?

Faire, s’engager, montrer qu’on contribue concrètement à réduire ses impacts, apparaitre comme une partie de la solution est plus vrai que jamais, une lueur d’espoir chez les jeunes qui apparaissent comme plus ouverts au monde et chez les femmes toujours plus actives. Mais, ne laissons pas de côté les décideurs des entreprises souvent masculins!
 
Et si nous valorisions mieux toutes les solutions positives et qui marchent de ceux qui innovent pour faciliter la transition ? On a si peu parlé la semaine dernière dans le cadre de la semaine européenne du développement durable de ces initiatives et solutions, n’est-ce pas dommage et de notre responsabilité de ne pas être dans l’actualité mais de donner envie du monde de demain ?