Agriculture urbaine et si nous devenions tous « urbaculteurs » !

Par Virginie Bernois, Directrice Conseil, GreenFlex.

 

Cueillir sa salade ou ses tomates directement d’un plan au supermarché, collecter quelques feuilles de basilic dans la rue : si cela pouvait sembler marginal il y a encore quelques années, un phénomène nouveau est bel et bien en marche. Balcons de particuliers, toits d’entreprises ou de monuments, terrasses de restaurants, espaces libres dans les villes et rayons de supermarchés se convertissent peu à peu en espaces verts productifs pour le plus grand plaisir des usagers et des consommateurs en attente de produits ultra locaux et « bien produits » (sous-entendu sans intrants chimiques).

De l’économie circulaire en circuits courts à la haute technologie : de nouveaux business models émergent pour valoriser l’agriculture urbaine

De plus en plus d’entreprises prennent le train en marche et innovent chaque jour pour trouver des nouvelles solutions et déployer cette nouvelle forme d’agriculture urbaine.

  • Certains de ces nouveaux entrepreneurs font le pari de l’économie circulaire en valorisant les déchets urbains pour produire de nouvelles ressources. C’est le cas de UpCycle – la Boîte à Champignons qui fait pousser plus de 80 tonnes de pleurotes et shitakés par an en recyclant du marc de café récupéré auprès de restaurateurs d’Ile-de-France. Ces champignons franciliens sont désormais plébiscités par les grands chefs des restaurants parisiens ! *
  • En parallèle, de véritables usines « high tech » voient le jour pour faire pousser par exemple, des légumes feuilles en hydroponie ou aéroponie sous LED & atmosphère contrôlée. Ce nouveau type d’agriculture aseptisé et contrôlé se développe principalement en Asie. Au Japon, où l’autonomie alimentaire est encore très basse et le foncier hors de prix, on compte près de 200 projets commerciaux de production agricole verticale.
  • D’autres entreprises enfin se fixent l’objectif de penser l’intégration de l’agriculture urbaine directement au sein des bâtiments au cœur des villes. Elles conçoivent des édifices (résidences particulières, mixtes ou commerciales) qui accueillent serres productives, systèmes d’aquaponie pour produire poissons et légumes, bacs de récupération d’eaueau de pluie, compost, etc. Lateral Thinking Factory à travers sa branche BIGH a ainsi mis au point ses premiers bâtiments productifs en Belgique.

Particuliers, collectivités, entreprises privées : tous acteurs de l’agriculture de demain

D’autres solutions pour développer l’agriculture urbaine voient également le jour sous l’impulsion d’acteurs privés comme les supermarchés ou les foncières (qui saisissent ainsi l’occasion de se différencier et de répondre aux enjeux de leurs consommateurs & usagers) mais aussi sous celle d’acteurs publics. C’est le cas par exemple de la ville de Paris qui avec Parisculteurs a permis d’appuyer en 2016 33 projets pour une production parisienne ambitieuse : 400 tonnes de fruits et  légumes, 3 tonnes de poissons, 24 tonnes de champignons et 8 000 litres de bière.

Une nouvelle agriculture aux multiples visages

Depuis la valorisation des déchets organiques sur des friches urbaines ou en sous-sols, en passant par la mise en place de systèmes hydroponiques en toiture, ou la conception de « fermes Indoor » high tech, l’agriculture urbaine est polymorphe et s’adapte pour répondre aux enjeux environnementaux et économiques de ceux qui la mettent en œuvre au sein des territoires.

Malgré les nombreuses différences apparentes de ces activités, les nouveaux agriculteurs urbains professionnels ont en commun l’envie de pérenniser les business models de leurs activités et d’en faire un vrai levier de croissance durable pour leurs clients : supermarchés, foncières, collectivités, etc.

Sujet de notre dernière Imaginale GreenFlex (Tous Urbaculteurs !), l’agriculture urbaine est en vogue et nos équipes d’experts sont fières d’accompagner ces nouveaux modèles et de soutenir ces nouvelles initiatives.

* Notre restaurant IMAGO, inventé par les collaborateurs de GreenFlex détient sa propre cave à champignons en co-exploitation avec la Boîte à Champignons.