Afterwork “Modèles économiques de rupture et entrepreneuriat” – Compte-rendu

Le 27 novembre dernier s’est tenu le premier afterwork du cycle de formation Rubizmo autour de la bioéconomie et des modèles de demain. Grand témoin et start-ups se sont succédé pour démontrer que les modèles économiques de rupture ont toute leur place dans le déploiement d’une économie durable. 

Décorréler création de valeur et consommation de ressources

Quel point commun entre un substitut au plastique à base de mycélium, des maraichers installés dans les espaces verts des entreprises, des coproduits d’usine devenus meubles, des déchets ultimes transformés en route et matériaux, un centre d’appel médical du Nord et une entreprise qui avait l’habitude de vendre des stylos à la demande ? A priori aucun ? Et pourtant… tous ont délaissé le modèle économique classique pour plus de durabilité, de circularité, de fonctionnalité !

Le 27 novembre dernier, Paul Boulanger, Président du cabinet Pikaia et quatre start-up innovantes, ont démontré aux 75 participants de la conférence Rubizmo “Modèles économiques de rupture et entrepreneuriat” que de nouveaux modèles économiques étaient possibles. L’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité ont été au cœur des échanges de cet événement coorganisé par AgroParisTech et GreenFlex. Loin du modèle classique linéaire, qui épuise les ressources pour créer davantage de richesse, ces nouveaux modèles permettent de créer de la valeur selon une performance globale, sociale et environnementale, respectueuse du bien-être humain et des capacités de notre biosphère.

L’économie de la fonctionnalité, par exemple, “vise la performance d’usage, décorrélant création de valeur et consommation de ressources”, nous explique Paul Boulanger. Comment s’y prendre pour modifier son modèle ? En réfléchissant à quoi sert réellement ce que l’on fabrique ou délivre, quelles sont les ressources intrinsèques à son entreprise et comment générer de la valeur à partir de celles-ci. Cette économie de la fonctionnalité repose sur un système de confiance et la mise en place d’une coopération entre ses parties prenantes.

Quatre strat-up innovantes, pionniers de l’économie circulaire, servicielle, de la coopération

Néolithe récupère tous types de déchets non recyclables. Ces déchets sont ensuite transformés en granulat grâce à un équipement nommé “fossilisateur”, et seront utilisés en sous-couche routière. L’objectif est de proposer une matière locale et recyclée, au lieu d’exploiter de nouvelles ressources minières pour le secteur de la construction. Rappelons que le sable est la 3ème ressource la plus utilisée après l’eau et l’air et que 95 % de la consommation de sable est due à la construction.

La France perd, en surface agricole, un département tous les 7 ans. De facto, les agriculteurs peinent à trouver des terres alors que les entreprises ont beaucoup de foncier non utilisé. La solution proposée par Cultures et Compagnies est d’aménager les espaces verts des entreprises en espace maraîcher. La production de fruits et légumes est vendue sur place aux collaborateurs. Des animations, des jeux de sensibilisation sur le jardinage et le « bien manger » sont également proposés aux salariés pour promouvoir le bio, le local, l’équitable, créant ainsi de la valeur pour tout un ensemble de parties prenantes. Face à un étalement urbain croissant, cette solution démontre qu’il est possible de valoriser du foncier délaissé tout en renforçant les productions locales et les circuits-courts ; autre enjeu des villes d’aujourd’hui.

Fungus Sapiens a vocation à trouver des solutions de valorisation aux différents déchets présents sur les territoires en utilisant les diverses propriétés des champignons, recycleurs naturels de nos écosystèmes. Selon les déchets récupérés, les souches de mycéliums sélectionnées permettront de produire des champignons comestibles, des matériaux alternatifs locaux et respectueux de l’environnement (cuir ou écoemballages 100 % compostables), ou encore d’autres champignons pour régénérer et dépolluer les sols. L’économie de la coopération est au centre de leur modèle, travaillant autant que possible avec des partenaires locaux et adaptant leurs solutions aux spécificités de chaque territoire.

Maximum organise des partenariats avec les industriels pour récupérer ou acheter une partie des déchets des lignes de production pour concevoir et fabriquer du mobilier. Les déchets d’usine peuvent ainsi être sources de valeur et générer une nouvelle activité économique : celle de Maximum. En récupérant ces déchets produits en série, ils peuvent concevoir à leur tour des pièces sur catalogue. Quelques exemples : des échafaudages pour fabriquer des tables ou de la poudre colorée aux couleurs mixées permettant de produire des chaises. Ce modèle s’inscrit donc dans une logique d’économie circulaire marquée.

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Pour plus d’informations sur l’événement “Modèles économiques de rupture et entrepreneuriat”, n’hésitez pas à télécharger le compte rendu disponible ici.

Et ensuite ? Bioéconomie, triple comptabilité, agrotourisme, les territoires ruraux comme clefs de la transition… Nous explorerons ces thématiques dans nos prochaines conférences !

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