C'est une victime collatérale de la mauvaise santé de Tesla. SolarCity, racheté par le pionnier de la voiture électrique en novembre 2016 pour 2,6 milliards de dollars, qui va faire les frais de la réduction d'effectifs décidée par Tesla le 12 juin dernier.

Selon les informations de l'agence Reuters, qui a pu consulter des mails internes et parler à plusieurs salariés, une douzaine de bâtiments dédiés à l'installation de panneaux solaires de SolarCity vont être fermés. Près de 60 lieux resteront ouverts selon Reuters, qui évoque la fermeture de 13 ou 14 bâtiments.

Tesla n'a pas souhaité commenter ces informations, ni donner de détails sur les lieux concernés ou le nombre d'employés potentiellement touchés. L'entreprise a cependant confirmé que les licenciements d'employés chez SolarCity étaient inclus dans les 9 % de salariés du groupe licenciés, une annonce faite le 12 juin dernier.

Une fusion ratée avec SolarCity
 

Fondé en 2006, SolarCity s'est imposé en 2013 comme premier installateur de panneaux photovoltaïques aux Etats-Unis, grâce à une approche tout-en-un dans le solaire. L'entreprise fabrique, finance et installe elle-même les panneaux solaires.

Dirigé par deux cousins d'Elon Musk, SolarCity a reçu un coup de pouce du fondateur de Tesla qui siégeait au conseil d'administration jusqu'à la fusion en 2016. A cette occasion, Elon Musk avait présenté les nouvelles tuiles solaires de SolarCity, qui remplacent les tuiles classiques d'une maison pour produire de l'électricité.

Des ventes en chute libre
 

Depuis, SolarCity semble être à l'arrêt. Au premier trimestre 2018, Tesla n'a installé que 76 mégawatts de systèmes solaires, contre plus de 200 mégawatts installés au premier trimestre 2016. Selon Tesla, la croissance dans les panneaux solaires reprendra plus tard cette année, explique Reuters.

La maison-mère Tesla a conforté son leadership chez SolarCity à l'occasion des démissions en mai et en juillet 2017 de ses deux cofondateurs, Lyndon Rive et Peter Rive.

La fin d'un partenariat important avec Home Depot

Or plus largement, l'avenir semble sombre pour le solaire chez Tesla. En même temps que l'annonce des licenciements, l'entreprise d'Elon Musk a annoncé la fin d'ici à la fin de l'année de son partenariat avec Home Depot, qui vendait des produits SolarCity dans 800 magasins.

Ces supermarchés spécialisés dans le bricolage réalisent près de la moitié des ventes de l'ancienne SolarCity, selon Austin Perea, analyste chez GTM Research cité par Reuters.

Les salariés ne comprennent pas bien le revirement de Tesla, qui avait pourtant réaffirmé son partenariat avec Home Depot en février dernier.

Une nouvelle stratégie ?
 

Pour GTM Research, la fin de ce partenariat est avant tout une question de marges : Home Depot prenant la sienne à chaque vente, les prix explosent pour le consommateur. Selon l'analyste Austin Perea, gagner un consommateur grâce à Home Depot coûte 7.000,00 dollars à Tesla, contre 4.000,00 dollars en moyenne aux Etats-Unis.

Tesla souhaite rapatrier les consommateurs potentiels dans le solaire vers ses propres magasins. Les produits de SolarCity seront ainsi vendus dans 90 de ses 109 magasins aux Etats-Unis.

Une stratégie qui fait douter de nombreux analystes. « Dans les faits, ils semblent dire''nous n'avons pas de stratégie pour vendre du solaire'' » estime Frank Gillett, un analyste chez Forrester Research, cité par Reuters. Le rachat de SolarCity, critiqué par certains actionnaires, « ressemble vraiment à une chose terrible actuellement », conclut-il.

ETIENNE COMBIER

Source : Les Echos