Plus de 8 Français sur 10 se disent prêts à faire un geste pour l'environnement. Mais peu passent à l'acte. « C'est parce que le discours écologique est rationnel et culpabilisant », estime Noël Bauza. Avec sa plateforme sociale Zei, ce jeune entrepreneur, fraîchement diplômé de la Kedge Business School, veut appuyer sur des ressorts émotionnels pour rendre l'engagement vert plus ludique. 

Il s'est inspiré des codes des réseaux sociaux avec la création d'un profil public mis en valeur par les actions écologiques, et des mécanismes de gamification et de récompenses tirés des jeux vidéo. « En participant à l'un de nos événements ou en optant pour un , on gagne des points qu'on peut changer contre des cadeaux, et on monte dans les classements », explique son concepteur. « Le défi est de passer les échelons en s'amusant tout en apprenant sur l'écologie ». Et ça marche. Depuis avril 2017, 7 599 bêta-testeurs d'une cinquantaine de nationalités ont réalisé 84.000 actions : dons, achats ou location de produits et de services verts, compensation carbone…

Avec ces mécanismes émotionnels, ce « LinkedIn des engagements environnementaux » intéresse aussi les entreprises. Dans quelques semaines, Zei mettra en ligne un système valorisant leurs engagements sous la forme de barres de progression, qui se remplissent à mesure des actions menées. Près de 300 sociétés sont déjà partenaires, dont Enercoop, CitizenFarm, Treez, Le Basiq ou Infomaniak. La plateforme fonde son business model sur l'intermédiation, en apportant des offres écologiques BtoB et BtoC, ainsi que différents modes de compensation. Elle vise un chiffre d'affaires de 650 000 euros en 2018 et 2,5 millions d'euros en 2019.

 

 

Paul Molga, Correspondant à Marseille

Source : Les Echos