L'entreprise innovante et compétitive d’aujourd’hui et encore plus de demain sera celle qui aura pris la mesure d’un monde qui change, vite, et dont les limites finies imposent une revue totale des modèles économiques et des relations avec le monde extérieur.

Ce n’est pas nouveau non plus, les révolutions d’usage et de production permises techniquement par le numérique ne seront rien sans les révolutions sociales qu’elles accompagnent, suscitent ou amplifient.

Malgré l’urgence, tout est cloisonné alors rien n’avance

A titre d’exemple, l’impact encore peu tangible du CO2 sur les modèles économiques nous empêche de voir aujourd’hui plus clairement la venue de cette nouvelle ère et donc d’y faire face. L’analyse d’investisseurs pourtant majeurs comme Blackrock sur les questions environnementales n’y change encore pas grand-chose.

Les visions à courts termes des managers (imposées par les actionnaires ?), les forces conservatrices-et rassurantes- de l’entreprise pyramidale héritée de nos modèles militaires, la mono-culture des élites de l’entreprise sur le trépied Finance/Marketing/Ingénierie ne permettent plus de prendre en compte l’ensemble des paramètres qui ont un impact sur le modèle de l’entreprise.

Dans un monde managérial monolithique la notion de responsabilité individuelle et collective, de contrôle, d’ouverture et d’expérimentation doivent être remises en question.

L’entreprise doit s’ouvrir plus et plus vite à l’ensemble de ses parties prenantes.
 

Le service rendu (au consommateur, à la nature…) est l’avantage compétitif d’aujourd’hui et de demain

L’entreprise n’est plus la seule à savoir déterminer ce qui est bon pour le consommateur ou son client, elle doit aujourd’hui compter, et sans doute parfois contre une certaine idée du bon sens, avec l’avis de ses parties prenantes sur la définition de ce qu’est un « bon produit » ou un « bon service ». Moins de perturbateurs, moins d'impacts négatifs sur la santé, moins d'impact sur l'environnement = plus d'avantages compétitifs.

 

La preuve devient le seul levier de confiance avec le consommateur, l’investisseur, le futur salarié, l’autorité publique, la société

Pour lutter contre la défiance grandissante, loin de sujets de communication, il s’agit bien ici de mettre à jour la notion d’évolution des modèles économiques, de leurs drivers. La question n’est pas de savoir si une entreprise est engagée, citoyenne ou si ses dirigeants sont de bons philanthropes, mais bien de savoir si elle est en mesure de prendre en compte les changements profonds qui sont en cours et d’en faire des leviers de compétitivité, pour elle et ses parties prenantes. Pour cela elle devra démontrer de façon lisible et systématique en quoi la balance entre les effets (externalités) négatifs et positifs de ses décisions représente un bénéfice pour elle et ses parties prenantes.

 

Autrement dit, sans utilité point de salut !

Jerome Auriac, Directeur Associé,

Stratégies RSE - management des parties prenantes - innovation sociétale