Une approche transversale de la RSE implique le management des différentes fonctions, des salariés et/ou des parties prenantes, dans la définition et la mise en œuvre de la politique de responsabilité sociétale et environnementale de l’entreprise.

Si cette approche a prouvé ses qualités et permet une meilleure connexion de l’entreprise avec les enjeux du développement durable, la collaboration horizontale qu’elle suppose se heurte souvent à l’organisation en silos et aux pratiques managériales traditionnelles.

 

La loi sur le devoir de vigilance du 21 février dernier met à la charge des grands groupes un plan de vigilance obligatoire afin de prévenir les risques d’atteintes graves aux droits humains et aux libertés fondamentales, à la santé et à la sécurité des personnes et à l’environnement.

En obligeant les entreprises à prendre en compte ces nouveaux enjeux, le devoir de vigilance les oblige désormais à porter un regard global, transversal, sur les impacts qu’elles génèrent et qui concernent toute leur chaine de valeur. 

 

Selon leurs métiers, leurs contraintes, leur culture, certaines organisations préféreront aborder la transversalité par la gouvernance.

Une entreprise qui souhaite se doter d’une politique sociétale et environnementale consistante pourra par exemple choisir de créer un Comité du Développement Durable/RSE qui aura pour mission la coordination entre les fonctions et le suivi du déploiement de la politique RSE dans l’ensemble de ses activités (juridique, achats, risques, compliance, qualité, RH...), à travers des plans d’action et un monitoring régulier des résultats.

Cette manière de faire « organisationnelle » permettra une plus grande collaboration entre les différentes fonctions de l’entreprise et la valorisation de la contribution RSE de chacune d’entre elles.

 

En mettant en commun les créativités, les métiers et les compétences, la méthodologie de l’intelligence collective permet également de créer des solutions RSE transversales et pérennes.

Grâce à cette méthode d’animation de réflexion, il est possible de faire interagir les plus hauts dirigeants, les responsables des fonctions clés, les salariés et/ou les parties prenantes, de leur permettre la confrontation de leurs idées et ainsi la construction conjointe de la définition et du déploiement de la stratégie RSE de l’entreprise.

L’intelligence collective réinvente ainsi les relations hiérarchiques et pose la question de l’interdépendance des services et des fonctions, pour faire place à plus d'écoute et de dialogue. 

 

Les techniques de collaboration participative sont multiples : ateliers d’échanges créatifs, groupes de travail internes, laboratoire d’innovation sociale… selon le temps et les moyens disponibles, elles permettent d’aboutir à des décisions communes, qui soient véritablement la somme des besoins, des idées et des propositions d’un groupe.

C’est grâce à la méthode de l’intelligence collective que l’entreprise et les parties prenantes pourront par exemple rechercher ensemble des compromis positifs, dans le cadre d’une démarche RSE participative efficace.

 

En plus d’une plus grande flexibilité organisationnelle et d’une collaboration régulière dans le temps entre les services et les fonctions, la transversalité implique le développement de compétences et de cultures nouvelles de la relation à l’autre ainsi qu’une plus grande responsabilisation individuelle. Quels que soient les moyens choisis pour impulser de la transversalité, la RSE s’impose progressivement comme une compétence nouvelle à intégrer dans toutes les fonctions.