Le label Eco-Artisan plafonne

Les Eco-Artisans n’ont plus trop le vent en poupe. Entre début 2015 et début 2018, le nombre de détenteurs de ce label hérité du Grenelle de l’Environnement, en 2011, a crû de seulement 21 % pour s’établir aujourd’hui à un peu plus de 12.000, selon une étude publiée jeudi par le kiWih, le tout nouvel Observatoire de la performance énergétique. En 2014, leur effectif avait doublé en une seule année, toujours d’après cet organisme qui regroupe Garance Mutuelle, la Capeb et le cabinet Deloitte.

Ces entreprises porteuses de la qualification Eco-Artisan, reconnue garante de l’environnement (RGE) et délivrée par l’organisme QUALIBAT, représentent à peine plus de 17 % des 70.000 adhérents de la Capeb. Un score très perfectible au regard du défi posé par la rénovation énergétique des logements, celui d’isoler chaque année 500 000 “passoires thermiques” .

Cette moindre progression des effectifs des Eco-Artisans s’explique par les pertes subies au cours des deux dernières années. Un tiers de ces entreprises ont tout bonnement disparu sur cette période. Beaucoup d’Eco-Artisans sont partis à la retraite et leurs départs n’ont pas été compensés. La crise, avec son lot de cessations d’activité, a découragé les vocations à intégrer un dispositif qui n’est pas à la portée de tous. Le système présente certaines contraintes comme la gestion administrative des dossiers qu’il faut apprendre à maîtriser. Installer un panneau solaire sur une toiture ne s’improvise pas même lorsque l’on est couvreur.Le labelEco-Artisan correspond à “toute une démarche à laquelle il faut se former“, résume Patrick Liebus, le président de la Capeb.

En termes de revenus, le bilan est mitigé. Selon une enquête du kiWih renseignée par 1.500 de ces Eco-Artisans, un peu moins de la moitié (48 %) estiment que ce dispositif de qualification leur a permis d’augmenter leur chiffre d’affaires. Plus réjouissant, près des deux-tiers (63 %) considèrent qu’il leur a apporté de nouveaux clients.

Les choses ont commencé à aller mieux en 2016, année de reprise du secteur des travaux d’Amélioration de Performance Energétique du Logement (APEL), marquée par une hausse de 1,5 % de l’activité, suivie d’un nouveau bond, de 2,5 % en 2017. Un mouvement sur lequel l’instauration d’une TVA à 5,5% et le Crédit d’Impôt pour la Transition Energétique (CITE) ont eu un impact très important ou important pour respectivement 98 % et 96 % des Eco-Artisans sondés par la Capeb et ses partenaires.

 

JOEL COSSARDEAUX

Source : Les Echos