Le 15 février dernier, ANIMA Investment Network, BPI France et GreenFlex lançaient le Club The Next Society au French Tech Central de Station F. Ce mouvement vise à rassembler des entreprises et investisseurs souhaitant développer la coopération entre les écosystèmes d’innovation d’Europe, de Méditerranée et d’Afrique. Le lancement s’est fait autour d’un petit-déjeuner consacré à l’innovation inversée, qui traduit la capacité des innovateurs des pays émergents à développer des solutions locales capables de répondre à des enjeux globaux et exportables vers les pays industrialisés.

Conçu par General Electric pour les médecins asiatiques en zones pauvres et reculées, l’électrocardiogramme portatif Mac 400 a trouvé sa place chez les urgentistes qui interviennent lors d’accidents de la route aux Etats-Unis ou en Europe. De même, le shampooing Elsève pour cheveux très abimés a été imaginé initialement par L’Oréal au Brésil. Voici deux exemples d’une démarche qui a largement fait ses preuves ces dernières années : l’innovation inversée. Théorisée par Vijay Govindarajan, elle définit la conception de produits pour et dans les pays Sud, finalement transférés vers l’hémisphère Nord.

Nord et Sud : une opération gagnant-gagnant

Alors que les entreprises des pays industrialisés avaient tendance à proposer leurs gammes de produits légèrement dégradées et moins chères pour s’implanter dans les pays émergents, certaines ont commencé à entreprendre des démarches d’immersion pour réellement comprendre le contexte de ces marchés, les contraintes locales, ainsi que leurs habitudes de vie. Les produits qui en résultent, cocréés avec les populations, sont ainsi bien mieux adaptés à leurs besoins.

Source d’inspiration forte pour les collaborateurs envoyés sur le terrain, ces initiatives offrent une ouverture et une capacité d’innovation renouvelée, qui bénéficient largement aux maisons mères, mais ce n’est pas tout : ces produits repensés rencontrent également leur succès dans les pays Nord in fine. En effet, l’innovation inversée peut se révéler une aubaine pour des entreprises obligées de se réinventer pour accéder aux marchés du Sud, mais aussi pour s’adapter aux populations précaires de leurs propres marchés, et faire face à la pression des pays asiatiques, aux produits novateurs et bon marché.

L’approche exige toutefois une transformation réelle des groupes, afin de laisser aux filiales une liberté qui peut aller à l’encontre des inerties et résistances internes. Un état d’esprit ouvert et agile est primordial pour que l’exploration locale soit une réussite, tout comme le transfert inverse des innovations, qui doit être suffisamment maitrisé pour ne pas cannibaliser les gammes existantes – les produits rapatriés étant souvent mieux pensés et moins chers.

Une frugalité inhérente à l’approche

L’innovation inversée présente également un atout fort dans sa dimension frugale, presque inhérente à la démarche. Cette notion trouve son origine dans les méthodes Jugaad ou l’art du système D, inspiré sans le vouloir par les entrepreneurs du Sud, contraints de créer avec le moins de moyens possibles, qu’ils soient financiers, ou qu’ils soient liés aux ressources naturelles ou humaines. Si l’idée a fait son chemin du côté des pays industrialisés au moment de la crise financière, elle s’est depuis bien établie dans les nouvelles formes de production et consommation que sont l’économie collaborative, circulaire ou du partage.

La frugalité a donc dépassé ce contexte de difficultés économiques et se trouve aujourd’hui perçue comme une vertu plus qu’une privation, témoignant d’une évolution de fond des attentes et modes de vie, mais aussi d’une mutation durable des entreprises. En rapatriant les innovations des pays Sud vers les pays Nord, les entreprises ont intégré sans s’en rendre compte ces paramètres de moindre coût, de durabilité et d’adaptation aux besoins des consommateurs : les prémisses d’une logique de plus en plus nécessaire aux vues des contraintes de développement durable qui s’imposent à elles.

GreenFlex : une volonté de soutenir cette innovation inclusive et durable

GreenFlex est persuadé que l’innovation inversée est efficace justement parce qu’elle est soumise à ces contraintes. Régulièrement au carrefour de l’innovation et du digital, nos métiers visent avant tout à répondre aux exigences de performances environnementales et sociétales qui envahissent les marchés mondiaux.

En rejoignant le Club The Next Society, nous espérons donc allier nos forces avec une nouvelle communauté d’acteurs engagés pour la transition, grandir avec eux et sortir toujours plus de notre zone de confort pour co-inventer des solutions concrètes et nouvelles, qui dépassent les frontières. 

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