Par Virginie Bernois, Directrice Conseil, GreenFlex

Le cas du bio

Les Etats Généraux de l’Alimentation (#EGAlim) qui viennent de se terminer visent à rendre leur fierté aux producteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’agroalimentaire français.

Car la filière bio en témoigne : il est impératif de construire, collectivement, des solutions nouvelles pour une agriculture souvent controversée. Cela passe par la structuration de filières de qualité, impliquant l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur. Et il y a urgence : il en va de la compétitivité de l’agriculture française.

Le succès inédit du bio

En 2016, année qualifiée d’« historique » par l’Agence bio, les Français ont dépensé plus de 7 milliards d’euros pour s’offrir des produits bio. La part de l’alimentation sans produits phytosanitaires ni OGM a bondi de 20 % cette même année et représente désormais 3,5 % des achats des consommateurs de l’hexagone.

Aujourd’hui, dans un contexte de défiance accrue des consommateurs envers les marques, 80 % des Français font confiance au fameux sigle vert. Les raisons de cette confiance inédite[1] ? La santé, les bénéfices environnementaux et sociaux de l’agriculture bio ainsi que son système de rémunération, plus juste pour les producteurs.

Une production pourtant à la traîne !

Alors que la demande des consommateurs en bio continue de progresser, la production bio française reste insuffisante. Le taux de conversion au bio est encore trop faible : si la demande de viande bio augmente de 20 % par an, les taux de conversion de produits carnés oscillent, eux, entre 10 et 15 %... et tombent à 6% pour la production de porcs. De même, alors que la demande en fruits et légumes bio a accru de 33 %, seuls 5 % des hectares français sont certifiés ou en conversion bio.

Par conséquent, les entreprises dont les gammes bio sont en pleine explosion, doivent bien souvent renoncer à s’approvisionner en France et faire leurs achats à l’étranger. C’est le cas de Fleury Michon, qui doit s’approvisionner en porcs bio au Danemark ou en Allemagne.

Une situation aberrante, qui empirera tant que nous ne réagirons pas pour structurer les filières.

Les freins à la conversion des producteurs

Les exploitants agricoles sont de plus en plus nombreux à vouloir franchir le pas du bio. Mais cette conversion implique de revoir tout ou partie de leur modèle de production, et donc des investissements très lourds, qu’ils ne peuvent pas supporter seuls.

Par ailleurs, le manque de visibilité et de soutien aux producteurs est souvent décourageant. Baisse potentielle des rendements, gestion du passage aux sans antibiotiques dans les élevages, gestion des nouvelles pratiques et techniques du sol, biocontrôle sur les cultures : les exploitants qui ont fait le choix de la conversion se retrouvent seuls face aux risques de la transition pendant cette longue période de 3 ans, sans garantie de débouchés.

Structurer les conditions de production, de transformation et de distribution s’impose donc comme la solution pour assurer l’équilibre et la pérennité de l’agriculture biologique française. Chez GreenFlex, nous sommes convaincus qu’une telle structuration, avec l’engagement de l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur, ouvrira des opportunités majeures pour regagner en compétitivité et répondre aux défis environnementaux et sociétaux. C’est pourquoi nos équipes agronomes s’engagent aux côtés des exploitants, notamment en les aidant à accéder au financement, et accompagnent la structuration de ces filières plus durables.