Le défi du bio

L’heure est à la structuration de nos filières agricoles d’excellence. En effet, il est devenu urgent de satisfaire une demande croissante de produits bio. Pour autant, si elle est nécessaire, cette évolution ne doit pas remettre en cause les principes fondamentaux de l’agriculture biologique et les garanties qu’elle comporte.

La massification du bio est-elle possible ? Souhaitable ? Comment démocratiser et encourager la transition au bio tout en restant respectueux des hommes et de leur environnement ?

Une différentiation de la qualité des produits bio

Si le label bio détient le record de confiance des consommateurs de l’hexagone – 80 % disent faire confiance au sigle vert –, on distingue déjà sur le marché plusieurs qualités de produits bio. La principale raison de ces écarts réside dans les différentes règlementations des modes de production bio entre les Etats de l’Union Européenne. La notion d’équivalence est alors utilisée pour certifier, par le logo agriculture bio européen, un produit respectant les règles de son pays d’origine, même si celles-ci diffèrent du règlement européen.

Or, ces écarts de qualité sont parfois considérables ! Autorisation d’utilisation de substances phytosanitaires à vocation de pesticides, dérogation pour la culture hors sol, différence de seuil de déclassement lors de contamination par des pesticides non autorisé… la notion d’équivalence ne devrait plus toujours s’appliquer, selon les défenseurs de l’agriculture biologique. Certains préconisent plutôt l’utilisation d’un principe de conformité, qui permettrait l’existence d’un « socle bio » minimum entre tous les pays.

Vers un assouplissement des règles de la filière bio ?

Afin de satisfaire une demande continue des produits verts, les tentations d’assouplir les conditions d’accès à la transition des exploitations sont fortes. Mais à quel prix ? Et comment ne pas impacter la confiance des consommateurs, jusqu’alors fidèles à ce label de qualité ?

Si elles sont adoptées, les propositions de révision du règlement européen, actuellement en cours de discussion, affaibliront considérablement la filière bio. Parmi les mesures proposées, certaines permettront par exemple de réduire la fréquence de contrôle du bio d’un à 2 ans, ou encore que chaque pays membre puisse définir son propre seuil de déclassement des produits bio lors de contamination par des pesticides interdits. De nombreux acteurs de la filière biologique française se sont mobilisés contre ces nouvelles propositions.

Une filière toujours perfectible

L’assouplissement de la règlementation européenne serait d’autant plus regrettable qu’en France, le bio a encore du chemin à parcourir pour être tout à fait irréprochable d’un point de vue sociétal et environnemental. Prenons le cas des résidus de pesticides : si le cahier des charges bio restreint en grande partie l’usage de pesticides de synthèse, certaines substances, comme le souffre, sont encore autorisées sans limite de présence de résidus. Concrètement, bien que les suivis des résidus au niveau européen montrent un niveau significativement plus faible des pesticides détectés, le consommateur continue de manger des produits contenant des taux de résidus de pesticides élevés, pourtant certifiés AB, et néfastes à l’environnement.

Les équipes agronomes de GreenFlex, convaincues que l’avenir de la compétitivité de l’agriculture française réside dans l’émergence de filières plus durables et plus rémunératrices pour les producteurs, accompagnent les acteurs du secteur agricole et agroalimentaire dans la structuration de filières de qualité pour peser efficacement dans le mix agricole de demain.

 

Agence Bio

APCA, Cebio, Coop de France, FNAB, Synabio et Synadis Bio ont adressé un courrier au ministre de l’Agriculture